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Lors de mon dernier article j’ai abordé le sujet des blessures dans la pratique martiale et tout particulièrement pour l’Aunkai. Aujourd’hui je souhaite partager avec vous une réflexion sur un des travers de  l’Aunkai (et pas seulement…) dans le travail à deux.

Une des spécificités de l’Aunkai, et qui selon moi contribue grandement à son attrait, est la pratique des tanrens en solo. En effet, chacun est libre de pratiquer selon ses envies et ses impératifs horaires. Cette liberté est un luxe à notre époque.

Toutefois aussi intéressants et riches que peuvent être les tanrens la pratique à deux s’impose rapidement. En effet, “l’autre” nous sert de miroir et  nous aide grandement à nous corriger.

A titre d’exemple, vous pouvez faire des heures de maho en solo et passer complètement à côté de la finalité si vous êtes “branlant” lors de la première marche maho à deux.

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Néanmoins il existe un travers dans lequel les pratiquants peuvent facilement tomber ; celui de la lutte. En effet, il peut arriver qu’une différence de niveau (ou même simplement  de poids) entre deux pratiquants fasse que le plus à l’aise bloque délibérément et continuellement celui qui est le moins à l’aise.

Tomber dans cet écueil est stérile.

D’un côté nous avons un pratiquant frustré (à votre avis que pense t-il… rien de bon ne peut en sortir… c’est humain) et de l’autre nous avons un pratiquant qui tombe dans le piège de l’égo et de la vanité même s’il n’en a pas conscience.

Aussi n’est-il pas inutile de nous rappeler régulièrement que nous ne pratiquons pas un sport (avec compétition, classement et vainqueur à la clé ) mais que nous sommes au service de l’autre qui se trouve être  alors notre partenaire. Akuzawa Sensei l’a rappelé lors de la dernière formation intensive.

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Le plus avancé se doit de tirer vers le haut son partenaire en fonction de ses possibilités et toujours avec bienveillance. En effet, il est contre-productif de générer chez lui des tensions supplémentaires. Il convient au contraire de calmer la situation (Rappelons-nous l’ adage martial ; “le calme dans le mouvement et le mouvement dans le calme”) et de  travailler intelligemment c’est-à-dire à la limite (sueur garantie…) mais jamais au delà .

Par ailleurs, même s’il n’en a pas conscience, le plus avancé grandit lui aussi alors même qu’il peut avoir la sensation de s’ennuyer ferme. En effet, comme je l’ai indiqué précédemment cela lui permet d’éviter le piège de la vanité et de l’égo. Elévation physique pour l’un et morale pour l’autre. Tout le monde y gagne.

Le seul moment  où à mon sens l’autre peut nous apparaître comme un adversaire est dans le travail libre avec applications. A ce moment le contexte ainsi que le regard changent et l’approche diffère. C’est ce que j’appellerai se mettre en mode combat. Mais ce travail là ne représente que l’étape finale de la pratique. Il y a déjà eu au préalable un long chemin de parcouru.

Pour conclure il ne me reste qu’à vous souhaiter une agréable pratique… en solo ou en duo.

par Stéphane Varé

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